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Les Rayonnements Electromagnétiques classés Cancérigène Possible

70% de la population est propriétaire et donc utilisatrice d'un téléphone portable à l'heure actuelle.

06.06.2011 | WECF France




Lyon, le 31 mai 2011  - L'Organisation Mondiale de la Santé, par l'intermédiaire du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) vient de classer ce mardi 31 mai les champs électromagnétiques de radiofréquence (REM) "cancérigène possible pour l'être humain". Cette décision intervient à l'issue d’une semaine de réunion d'un groupe d'experts nommés par le CIRC pour examiner les liens potentiels entre cancer et REM.

Les expositions concernées par la classification. Les applications et les usages suivants sont concernés: radars, micro-ondes, transmission de signaux pour la radio, la télévision et les télécommunications sans fil, et enfin expositions personnelles associées à l'utilisation des téléphones sans fil.

Une lettre ouverte ouverte au CIRC soulignait il y a peu des dysfonctionnements importants en termes d'évaluation des risques des REM pour la santé. WECF s'est associée il y a quelques jours à la lettre ouverte adressée au Directeur du CIRC, rédigée par le Dr. Annie J. Sasco, médecin épidémiologiste du cancer ayant travaillé plus de 20 ans pour le CIRC et pointant des points très problématiques concernant les conditions d'évaluation des risques pour la santé des REM par le CIRC, rappelant également que 70% de la population mondiale est propriétaire et donc utilisatrice d'un téléphone portable à l'heure actuelle. Retrouvez la lettre ici

L'analyse du Dr. Annie J. Sasco. Le Dr. Sasco aurait souhaité une classification des REM dans le groupe 2A soit "cancérogène probable pour l'être humain". Elle s'en explique: "Le groupe 2A regroupe des agents allant de ceux pour lesquels le degré de preuve de cancérogénicité chez l'être humain est presque suffisant, à ceux pour lesquels il n'y a pas de données chez l'homme mais pour lesquelles il existe des preuves de cancérogénicité chez l'animal. Le classement dans les groupe 2A (cancérigène probable pour l'être humain) ou  2B (cancérigène possible pour l'être humain) s'opère sur la base d'études épidémiologiques et de données expérimentales de cancérogénicité et d'autres données pertinentes. Les termes "cancérogène probable" et "cancérogène possible" ne sont pas corrélés à des données quantitatives et sont simplement utilisés pour décrire des niveaux différents de preuve de cancérogénicité chez l'homme [...] Un agent peut être classé dans le groupe 2A lorsque les preuves de cancérogénicité sont insuffisantes chez l'être humain mais suffisantes chez l'animal et appuyées sur des données sérieuses montrant que le mécanisme de cancérogenèse opère également chez l'être humain.  [...] De mon point de vue, c'est le cas des REM qui devraient être classés dans le groupe 2A, puisqu'ils remplissent tout juste les critères ci-dessus."

Les REM émis par les téléphones portables sont soupçonnés d'augmenter le risque de gliome, une tumeur cérébrale, qui peut être bénigne ou maligne, mais dont le diagnostic laisse toujours peu de chances au patient. (Ohgaki H and Kleihues P. Population-based studies on incidence, survival rates, and genetic alterations in astrocytic and oligodendroglial gliomas. Review article. J Neuropathol Exp Neurol, Vol 64, N° 6, June 2005, pp 479-489) . Les gliomes représentent une part importante des nouveaux cas de cancer du cerveau et du système nerveux diagnostiqués chaque année dans le monde.

source: interview du Dr. Annie J. Sasco pour la radio, Etats-Unis.