Centrales nucléaires et leucémies infantiles: un lien clair établi par une étude de l'INSERM
Une étude publiée en janvier par l’INSERM et l’IRSN confirme la corrélation entre la fréquence des leucémies infantiles aigües et la proximité des centrales nucléaires
17.01.2012 | Anne Barre
| Retour | Plus |
Vulnérabilité des enfants aux radiations ionisantes : des données concordantes
Elle confirme ainsi l’étude menée en Allemagne par le Registre des Cancers de Mayence en 2008 (Etude KIKK de décembre 2007), qui avait abouti à la même conclusion. Ces résultats rappellent également une étude américaine publiée par la National Academy Press (1) soulignant que les femmes et les enfants ont un risque significativement plus important que les hommes de développer un cancer pour une exposition à la même dose de radiations ionisantes. Or la réglementation actuelle ne prend pas en compte cette différence de risque.
L’énergie nucléaire : des conséquences sanitaires graves
Comme le soulignent des chercheurs tels que le Professeur A. Yablokov (2), qui travaille sur les impacts de la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine, Russie et Bélarus, les victimes se comptent jusqu’à la 7ème génération de personnes exposées, l’intégralité du corps humain étant touchée : déficiences du système immunitaire, troubles de la fertilité, malformations à la naissance, troubles cardiaques, troubles squelettiques, mutations génétiques, etc…
Anne Barre, Présidente de WECF France, rappelle qu’ainsi « les contribuables français et les générations futures paient l’énergie nucléaire non seulement avec leurs impôts, mais aussi avec leur santé ».
Devant ces récentes données scientifiques de l’INSERM et de l’IRSN, et devant les doutes planant sur la sécurité des sites nucléaires français (3), WECF appelle les pays européens, au premier rang desquels la France, à :
- Cesser de soutenir le développement de la filière nucléaire, en particulier dans les pays en développement, en cohérence avec sa position d’avril 2011 (4)
- Déclarer un moratoire sur la construction de nouveaux réacteurs,
- Faire procéder à des audits indépendants sur les rejets (radioactifs et chimiques) des installations nucléaires avec un abaissement des autorisations de rejets (actuellement nettement plus élevés que dans certains pays limitrophes),
- Renforcer la surveillance épidémiologique autours des sites nucléaires avec, notamment une généralisation des registres départementaux du cancer (prévue depuis le premier plan cancer de 2003 mais qui souffre toujours d’absence de mise en œuvre).
(1) Source : Biological Effects of Ionizing Radiation (BEIR) VII, Phase 2 report, “Health Risks from Exposure to Low Levels of Ionizing Radiation,” published by the National Academy Press in 2006, Washington, DC.
(2) Source: Professeur, A. Yablokov, Tchernobyl, une catastrophe permanente, Parlement européen, 21 avril 2010
(3) Rapport de l’ASN sur les ECS - L’ASN impose un renforcement de la robustesse des installations nucléaires face à des situations extrêmes
(4) "Il y a urgence à s’engager avec les pays les plus vulnérables aux changements climatiques (Afrique, petits États insulaires en développement, autres pays les moins avancés) en faveur d’un accès de 100 % des populations à une énergie moderne, fiable et propre" a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet lors de l’ouverture de la conférence de lancement du partenariat Paris-Nairobi le 21 avril 2011.




































